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Friday, 26 February 2010

Redbelt, David Mamet, 2007, USA.

A cote du trop rare plaisir de la salle obscure discute dans les comments du post sur Brotherhood of Satan, ou de celui, pre-pervers, de la serie B/C nocturne, existe aussi celui du pur film a la tele. Pas exactement celui de regarder un film mais celui de tomber dessus, la forme la plus pur en etant de le prendre en cours, de se laisser prendre sans chercher a en connaitre le titre. Le film flottera comme un reve a moitie oublie, fragmente. Orgasme garanti en le revoyant, generique inclus, titre (donc connaissance) comme une claque dans la gueule, des annees plus tard. Je me suis ainsi coltine le canyon et l'overdose de Who'll stop the Rain pendant plusieurs annees suite a une demi-vision, un apres-midi glauque dans un hotel glauque.
Donc hier, Redbelt, pris dix minutes dedans.
C'est vrai, j'ai toujours eu un petit faible pour Mamet, ses machos et son formalisme appuye, ses dialogues commes ses histoires trop ecrits, son refus, enfin c'est comme ca que je le ressens, du realisme et du second degre. Effectivement, Il faut peut-etre une predisposition pour avaler cette histoire totalement unbelievable (tant dans le backdrop general bresilo-oriental que dans ses retournements) sur fond de Jiu-Jitsu. Certains y verront un melo plein de cliche, volontiers naif et moralisateur. D'autres y verront
un melo plein de cliche, volontiers naif et moralisateur. Mais se diront qu'aujourd'hui, justement, ca fait plutot du bien. Pourquoi laisser le terrain de la discipline, des valeurs morales, de la droiture et des films d'arts martiaux a la reaction? Je vous le demande...
Et puis voila, on est assez seduit par Mike Terry (Chiwetel Ejiofor, pas mal), figure quasi Badiou-esque tant il souffre/sacrifie pour sa verite (question : doit on considerer le tournoi final comme un evenement?)
.
Pas de clin d'oeil, pas de twist, pas de jeu sur le genre, non. Un film qui ne surprend pas (jusqu'a un final tellement attendu), donc surprend. Un truc comme ca, a rebours, mais qui me touche, comme put le faire Fureur de Karim Dridi, autre melo/arts martiaux.
Ceci dit, je comprendrais tout a fait qu'on rejette le truc en bloc, mais au moins pour de bonnes raisons, pas celles de l'invraisemblance et/ou des grosses ficelles.

Wednesday, 24 February 2010

God Told me to, Larry Cohen, 1976, USA.


On l
e sait d'avance, ils vont etre nombreux sur ce blog mais ne cherchons pas plus loin de loser magnifique a defendre. Ceci dit, je ne suis pas sur que Larry Cohen fut de ceux qui se considerent comme tel, cachant derriere leur position d'artiste maudit guere plus qu'une emmerdante self-indulgence (parenthese : je cherchais l'autre jour une bonne traduction pour cette expression parfaite, self-indulgence. Niet. Au mieux, le defaut de se limiter a la facilite, l'absence de distance critique vis a vis de soi meme). Je me l'imagine plutot comme un malin faiseur, cousin de ses enemis de l'interieur, ces grand roublards du systeme hollywoodien, detournant comme ils le pouvaient les regles de la serie B pour la faire tendre vers la subversion (longue genealogie de Fuller a Corman, de Goulding a Ritchie etc...). On regrette cette epoque peut-etre, pleurant aujourd'hui que la subversion soit integree dans le systeme (souvent sous couvert de cinema independant). Decidemment, on n'en sort pas...
Je vais bien me garder de la verifier, cette image de Cohen me convient. Pour moi, Larry Cohen restera aussi le king du monstre en carton (quqnd on le voit), sans la gloire retro d'un Harryhausen et sans la facilite des CGI, encore inexistants. Faire le plus avec le moins, que ce soit pour un bebe mutant sanguinaire (It's Alive), un serpent volant/divinite azteque (Q the winged Serpent), un blob early 80's (The Stuff) ou, cela va de soi, Jesus (Alien ? Psychopathe ?).
Parce que voila, si Larry Cohen se detache d'autres bricoleurs, c'est surement avec cet incroyable God told me to, le film ou sa claire maitrise des idees et du rythme (ses films sont bien moins cons et bien mieux foutus qu'ils ne paraissent) passe la demultipliee. On ne peut pas trop devoiler le scenario et les retournements de God Told me to, ce serait en diminuer l'impact quasi-hallucinatoire (j'ai rarement passe autant de temps devant un film a me demander ce qui avait pu passer par la tete de ses createurs). En tout cas, ce portrait d'un disgruntled son of God par un juif new yorkais vous fait apprecier la possible liberte d'un cinema pourtant considere comme d'exploitation.Et alors rever d'une projection privee en compagnie de Mel Gisbson. Un Brulot bordelique et impayable, trouvable ici.


Un grand merci a Nathan Gregory Wilkins pour me l'avoir recommande, je ne desespere pas de le faire ecrire ici ou ailleurs celui-la...

The Brotherhood of Satan, Bernard McEveety,1971, USA.

Il en va des films rêvés comme des livres ou des disques rêvés: Ils existent si l'on croit en eux, si l'on croit un peu en Dieu. Ils apparaissent souvent la nuit, dans ces moments de veille où l'on règle ses comptes, où l'on se fatigue à énumérer la liste des suspects. Personne ne sortira d'ici vivant. Pour arrêter l'hécatombe, appuyer sur play.
Longtemps la nuit, j'ai regardé des série B, principalement italiennes (giallo & co), parfois anglaises (la Hammer), parce qu'elle racontent toujours la même histoire: une fille, un couteau et la nuit. Pas la peine de trancher, il suffit de suivre les pointillés. La couture n'est pas toujours impeccable et il manque parfois une jambe au pantalon mais c'est une manière comme une autre d'habiller l'insomnie. En somnambule.
Cette nuit, le diable a surgit de sa boite: The Brotherhood of Satan, réalisé par Bernard McEveety, (inconnu au bataillon, a travaillé principalement pour la télévision), produit et écrit par L.Q. Jones, un des comédiens fétiches de Sam Peckinpah, qui réalisera par la suite un affreux film post apocalyptique (avec un tout jeune Don Johnson), A Boy and His Dog. Il incarne ici un Sheriff un peu nerveux.
Mélange réussi de 2000 maniacs et de Rosemary's baby, The Brotherhood of Satan vaut surtout pour son ouverture, vingt minutes stupéfiantes où le réalisateur installe un climat perturbant par une succession de séquences muettes:
Au bord d'une rivière, un couple s'apprête à faire l'amour. Deux gouttes de sang tombent sur la joue de la femme, travelling arrière: une petite fille tient une glace à la cerise au dessus d'eux. La famille reprend la route pour rendre visite à un grand parent dans le sud de la Californie. En chemin, un accident étrange: une voiture et ses occupants écrasés comme des crêpes dans un fossé. La famille gagne la ville la plus proche pour signaler l'incident; les habitants, hystériques, les accueillent à coup de hache et de batte. Ils fuient. Soudain au milieu de la route, une enfant statique, la voiture évite le mirage de justesse en fonçant dans un pylône. La nuit tombe, ils doivent regagner la ville.
On ne racontera pas la suite, mais sachez seulement que l'on échappe pas à cette Ghost Town où l'on assassine les parents pour attirer leurs enfants dans les ténèbres et où les seniors espèrent rajeunir en vendant leur âme à Satan.
En 1971, le cinéma croit encore au Diable, à l'ombre, à la lumière, au pouvoir de faire peur. Cette énergie vitale parcourt ce film oublié à la manière de décharges électriques: montage épileptique, violence aveugle, flash oniriques. Alice au pays des rednecks a disparu au bord de la highway. Il n'y a pas eu d'avis de recherche.

Tuesday, 23 February 2010

Alors pourquoi ?

Et bien surement parce que cela a fini par s'imposer... Il fallait s'y attendre remarquez. Nous voulions (et voulons toujours) parler de livres, mais on regarde tellement de films. L'opposition entre livres et films, lire et regarder, bof, elle ne compte pas beaucoup pour nous et les principes installes pour Discipline in Disorder sont ici encore valables. On parlera de films sans les limites que le critique parfois s'impose, nombreuses souvent, actualite et legitimite principalement. Commenter, certes, mais passer surtout, avec peut-etre un petit cote pratique ("Cherie, mon dieu, que regardez ce soir?").On devrait arriver assez facilement a balayer large, avec une predilection pour ce que l'on espere que l'autre n'a pas vu (notre seul reel snobisme fondamentalement): classiques oublies, etrangetes, films interdits, series de A a Z avec l'ouverture que l'on veut necessaire pour echapper au site nerd/geek (voeu pieu). Pour le reste, on verra avec le temps.
Un petit mot sur la disponibilite des films dont on parlera: Aujourd'hui, presque tout est disponible sur la toile justement. Nous n'inclurons pas les liens de download directement dans notre discours mais on vous indiquera surement ou chercher. Il est desormais presque facile de downloader
en quelques minutes un film auparavant totalement indisponible (detail technique : un compte Rapidshare deviendra vite indispensable). On ne s'occupera pas ici du debat "sabotage de l'industrie cinematographique" vs "sauvetage culturel". Pas le temps, trop de films a regarder...