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Monday, 29 March 2010

armurerie

Je ne me suis jamais vraiment vante de ma fascination pour les armes a feu. La, on se sent vite seul. A part Manchette (le seul qui me vient a l'esprit comme ca), ce truc n'est partage que par des infrequentables. Donc, l'exhaustivite de l'Internet Movie Firearms Data Base (imfdb, sic) devrait vous, gens de bonne compagnie liberale (au sens anglo-saxon du terme), vous laisser de marbre.
Quant a moi, je suis comble de savoir que Jane Greer utilise un Colt Detective Special (photo ci-dessus) dans Out of the Past. Et je suis tres content de pouvoir me constituer un arsenal precis (pour notre grand jour, ou la resistance au leur) sans devoir arreter de regarder la tele.

Wednesday, 24 March 2010

Salle 2

Nouvelle petite rubrique : "Salle 2", consacree aujourd'hui a Alice in Wonderland.

Vous etes saoule par un battage mediatique, vous ne voulez pas faire la queue pour voir le "film du moment", vous voulez avoir a votre disposition une ou deux references "frime" pour votre diner en ville, vous voulez aller un peu plus loin ou etre slightly different ? A votre service, D in D vous propose une alternative au film dont tout le monde parle. Mieux, Pire, perversion, copie, parodie, reference etc...
Ps: Jettez un coup d'oeil aux comments, le post ne fera que lancer la discussion...

Today, vous ne voulez pas aller voir le
Alice in Wonderland de Tim Burton (qui a l'air, on ne l'a pas vu, assez moche), on peut vous conseiller :

Dreamchild, petit bijou perdu (depuis 1985) de Gavin Millar mais surtout ecrit par Dennis Potter, que l'on considere ici comme un des heros de la culture britannique. Fiction autour d'Alice Lidell (la Alice qui inspira Carroll), et comme toujours avec Potter, un peu comme un reve eveille (ou le film d'un...). Indescriptible et tres tres chic (au sens d'eccentrique sans esbrouffe, le contraire de...).

ou le Alice gothique de Jan Svankmajer (1988), peut-etre le plus fidele a Carroll. Pareil, magique et sans trucages. et, accessoirement, la vignette qui alphabetiquement suit celle de Alias Nick Beal (post d'il y a deux jours) dans le Time Out Film Guide cite hier... spooooooooky...

et, grace a l'excellent site Bright Lights, ne manquez pas W.C. Fields en Humpty Dumpty dans la version de 1933 de
William Cameron Menzies. Petit extrait ?

On attend vos autres suggestions...

Tuesday, 23 March 2010

quote

" In short, I love the film, but I am daunted by my feelings."

David Thompson, monstre de la critique anglaise, sur Le Samourai de Melville. Mais surtout David Thompson mettant le doigt sur le coeur du "probleme" (donc de la joie). A graver dans le marbre.

In Have You seen, Allen Lane, 2008, page 749.

podium

Qui n'aime pas les listes thematiques de films? Nous, quand elles proposent les eternels meme pseudo-classiques. Nous, quand on y decouvre nada. Mais on a plutot bien aime la liste des "50 greatest sport movies" de Time Out. Alors on avouera une petite faiblesse pour le theme lui meme, ses bons sentiments (souvent) ou sa noire corruption (parfois), faiblesse, peut-etre, du celui qui fut nul en gym. Mais cette faiblesse est legitimee par les choix de la redaction : vrais classiques (Night And the City), perles oubliees (Heart Like a Wheel), inconnus au bataillon (North Dallas Forty, Any Given Sunday), bonne guimauve (Tin Cup, Hoosiers), docus remarquables (Gaea Girls, Hoop Dreams), et un numero un, Downhill Racer de Michael Ritchie, qui montre la vraie independance d'esprit du magazine (puisqu'on aurait aussi pu choisir celui la -ah ah).
On va s'y mettre aussi (aux listes). Une "viet vet" est en preparation, mais si vous avez des idees de theme, on se fera une joie de vous proposer quelques titres que d'autres auraient peut-etre neglige ou oublie.

Yellow Sky, William A. Wellman, USA, 1948

Les films rêvés surgissent au moment où on ne les attend pas. A 20h40 sur une chaîne câblée? Pourquoi pas. Longtemps, enfant on a pas trop aimé les westerns, parce que l'on était sans doute déjà trop snob, et que ces films là c'était pour les brutes des préaux. Et puis on s'est fait prendre aux pièges des totems: s'endormir au coin du feu, siffler du whisky en compagnie d'un vieux qui taquine son harmonica, manger des beans avec des cuillères en bois, marquer des vaches au fer rouge, descendre un new comer en duel au comptoir du saloon, tomber amoureux d'une pute, buter des indiens, rafler la mise au poker, faire du cheval au crépuscule, débarquer dans une ville inconnue, mourir en plein soleil...
Il y a un peu de tout ça dans
Yellow Sky, mais il y a surtout beaucoup moins. Less is more comme disait l'autre et Wellman va procéder par soustraction pour ce western qui tient surtout du huit clos claustrophobe on the edge, c'est à dire à la frontière, du film noir, du film fantastique. Un décors, quelques personnages, le noir et blanc plutôt que la couleur, un soleil aussi menaçant que les ténèbres: il n'en faut pas plus à William A. Wellman (qui signe ici sans doute son meilleur film avec A Star is Born) pour nous raconter une histoire primaire et légendaire: une bande de pillards (dirigeé par Gregory Peck et son acolyte le malveillant Richard Widmark) prend la fuite après s'être fait une banque. Ils doivent traverser un désert: la chaleur et la soif les consument à petit feu, et alors qu'ils allaient mordre la poussière complètement desséchés, une ville surgit à l'horizon tel un mirage, un oasis: Yellow Sky, ghost town dévastée. On ne quittera plus ce cimetière à ciel ouvert dans lequel errent une fille en jean avec un fusil (Anne Baxter) et son grand père. Que font-ils là? Les pillards le découvriront vite et vont s'entre-tuer pour séduire la fille et leur ravir leur secret. On peut évidemment décider qu'ils sont tous mort et que Yellow Sky est leur purgatoire. Dieu n'a pas encore statué sur leur sort et les met une dernière fois à l'épreuve: que faire d'une femme? La violer ou l'épouser? que faire d'une mine d'or? la voler ou la partager ? Faire le bien ou faire le mal? A l'issue de ce western chrétien qui navigue quelque part entre le Trésor de la Sierra Madre et Raining in the Mountain, Dieu (le viel homme donc) et son bras droit la justice (sa petite fille armée) enverront comme il se doit les bons au paradis et les méchants en enfer. L'amour triomphe et La ville abandonnée (titre français) peut désormais se transformer en jardin d'Eden. Hallelujah!

Monday, 22 March 2010

Alias Nick Beal, John Farrow, USA, 1949.



On parlait ici il n'y a pas si longtemps de la difficulte d'etre surpris, du plaisir trop rare de ce film venu de nulle part, ou, si ce n'est de nulle part, d'ou on ne l'attendait pas. Prenons Alias Nick Beal (aka The Contract Man) par exemple... Tout d'abord, je suis tombe dessus en feuilletant le Time Out Cinema Guide et ses 17500 vignettes, en cherchant autre chose surement: inconnu au bataillon mais un " undeservedly neglected film noir" ne se rate pas. Bon, meme si on a vu pas mal de ces films noirs, on en a toujours rate quelques uns, ca ne manque pas ces films de genre, plaisir du format, confortablemement sans surprise.
Mais le cas present est un petit peu autre. Serie B noire certes mais "a cote",
on the edge comme en en croise finalement rarement. Films qui, pour les meilleurs, constituent un pantheon alternatif a celui des classiques legitimes du genre : on pensera bien sur a Force of Evil et Detour, a l'incroyable Nightmare Alley, ces grands "petits" films qui tordent un peu les regles et repoussent les limites. Bon, Alias Nick Beal n'est peut-etre pas a mettre au meme rang , il n'a pas la feroce originalite cinematographique des films sus-cites. Mais quand meme, suffisament branque tout en restant elegamment efficace, il merite vraiment l' attention qu'il n'a pas eue. On ne s'en cache pas, la decouverte de l' underdog rajoute au plaisir de la vision.

Alors, quel est son twist to the rules a celui la ? et bien il sort le film noir de sa boite pour lui faire faire un petit tour du cote du fantastique. Chose commune aujourd'hui (le De Niro de Angel Heart aurait bien fait de voir le film) mais a l'epoque ? On n'en devoilera pas plus mais John Farrow met la mecanique bien huilee (le scenario est quand meme de John Latimer) du political thriller dans lequel on croit mettre les pieds, au service d'une eccentricite tres chic et surtout bien trop rare dans le genre.
Ray Milland en fait beaucoup et tant mieux (belle idee de mise en scene que de ne jamais le montrer entrer dans une piece: il est la mais, comme cette perle, il sort de nulle part), on adore toujours Thomas Mitchell, Audrey Totter fait une belle petite pute a la Gloria Grahame et on reconnait la cicatrice de Georges Mc Cready meme sous son deguisement de reverend. Le film reste un peu bien pensant (politique a la Capra et final cul beni) mais avec son oubli injuste, a parfaitement sa place ici.